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Business is business - De l’intérêt des franches conversations pour espérer conduire, un jour, une Lamborghini Diablo !

Extrait du livre Business is business, édité par Malpaso et Diabolocom

 

Isidore Lechat et les plateformes digitales

700 000 français ont choisi, en 2018, de devenir autoentrepreneur. Tous n’ont pas l’intention de créer des licornes, ces fameuses entreprises valorisées plus d’un milliard, tous n’ont pas séjourné sur les bancs de prestigieuses écoles de commerce ou de management où l’on enseigne le développement d’une entreprise. Nombreux même seront ceux que les premiers formulaires et déclarations à remplir éloigneront vite de l’aventure, risquée mais enrichissante, que constitue la création de son affaire. Peut-être la boutique n’accueillera-t-elle jamais suffisamment de clients pour permettre de transformer le projet de départ en TPE (très petite entreprise, celles qui emploient moins de 10 salariés) pérenne, voire en ETI (entreprise de taille intermédiaire). Qu’importe ! Une chose est certaine : il n’existe pas de Que sais-je sur l’art de faire des affaires. Eût-il existé que la révolution digitale aurait obligé à une réécriture quasi-complète.

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En réunissant dans ce livre de nombreux témoignages, recueillis en vingt ans de journalisme de terrain par l’auteur, complétés de quelques articles ou extraits d’articles lus ou déchirés ici ou là, le propos des deux éditeurs est donc simple en même temps qu’un peu désuet : donner à entendre et partager les conseils et vrais témoignages de ceux qui sont passés par là, ont survécu, appris, déménagé, souri, séjourné parfois en prison. Ou l’ont évitée ! On y lira ceux de directeurs d’agence de mannequins, d’agents immobiliers, de directeurs d’enseigne culturelle, de CDO (chief digital officer), de DRH…, tous choisis parce qu’ils sont des doers, comme disent les anglo-saxons (des gens qui font). L’un des dangers à éviter n’est-il pas, dans une époque bavarde, de n’entendre sur cette question que les beaux parleurs dont le web assure la caisse de résonnance sans opérer aucun tri ni vérification ? Au contraire, lorsque l’avocat Maxime Delhomme suggère quelques pistes pour faire des affaires et en éviter d’autres, lorsque Cyril Brulé ou Philippe Lederman racontent leur parcours, leur parole est audible : ils ont été ou sont encore aux commandes d’affaires qui roulent.

 

De la 205 xad à la Lamborghini Diablo

Dans la célèbre pièce de théâtre d’Octave Mirbeau, qui continue d’être jouée plus de cent seize ans après sa création, Isidore Lechat figure un homme d’affaires obsédé par la fin, peu regardant sur les moyens d’arriver à celle-ci. Si votre petite entreprise grandit vite, qu’un jour l’entrée en Bourse ou l’IPO (terme anglais pour l’entrée en bourse) se profile ou plus simplement la vraie croissance qui permet d’embaucher, d’être appelé Monsieur par son banquier, de ranger la 205 xad* au garage pour lui substituer une spacieuse berline hybride, d’autres questions vous réveilleront certainement la nuit, parvenu à ce stade. Voilà pourquoi nous avons intitulé ce livre Business is business, les affaires sont les affaires.

Le dirigeant moderne d’entreprise ressemble à un Isidore Lechat qui aurait de l’ambition, la volonté de conquérir le monde loin de son pays d’origine et aurait lu et apprécié Spinoza (L’éthique). Bienvenue dans ce recueil de témoignages, imaginé comme une conversation avec ceux qui vous ont précédé ; que vous pourrez entamer au moment où vous le désirez, sans que personne ne sache ce que vous lisez, à quoi vous vous intéressez. Parfois, le secret et la confidentialité ont du bon : Bernardo Provenzano et ses pizzini n’apparaissent pas dans ce livre (page 150) par hasard. Et ce n’est pas non plus par hasard s’il est coédité avec une entreprise spécialiste des conversations (Diabolocom) créée un jour par un jeune ingénieur ambitieux, installée désormais dans plusieurs pays.

Bonne lecture !

Manuel Jacquinet

Nb : Lorsque je veux le taquiner, j’indique à ce dernier qu’il a créé la Lamborghini Diablo des interactions clients. Tout le monde ne peut pas se l’offrir, mais il n’est pas interdit d’en rêver ! 

*Redoutable voiture utilitaire de société des années 1985, résistante et peu gourmande, créée par Peugeot et qui permettait la récupération de TVA. Il était simplement nécessaire de hausser le volume sur l’autoradio pour entendre les K7. 

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Extrait du livre Business is business, édité par Malpaso et Diabolocom,  en avril 2019. Auteur Manuel Jacquinet. http://www.malpaso.org/publications/