Depuis le temps qu’on parle de la voiture autonome, elle finira bien par arriver…

La voiture autonome doit révolutionner la mobilité. OK, on s’en réjouit tous ! Sauf que cette révolution, annoncée à grands renforts d’articles mois après mois depuis près de 10 ans, tarde à se matérialiser… Cela peut se comprendre : personne n’est prêt à prendre la responsabilité de lancer sur les routes, et a fortiori dans les rues encombrées de nos villes, des engins présentant de trop grands risques. Alors, les constructeurs testent et re-testent sans fin leurs modèles. On en est aujourd’hui aux essais grandeur nature. Mais, malgré le nombre croissant de tests réussis, personne n’est d’accord sur la date à laquelle le commun des mortels pourra se déplacer au quotidien en voiture vraiment autonome…

 

A quand une voiture 100% autonome dans votre rue ?

Cela dépend de qui on écoute… Pour Tesla, c’est 2019 – enfin, c’est ce que déclarait Elon Musk en avril dernier. Ça a pu changer depuis… Du côté de BMW, on se donne deux ans de plus, mais chez Toyota on se montre soit plus honnête, soit simplement plus prudent, en expliquant que l’autonomie totale n’est peut-être pas ce qu’il faut viser à tout prix et que, d’ailleurs, il faudrait s’entendre sur ce qu’on entend par là.

Tous ceux qui se passionnent pour le sujet savent déjà qu’il existe une classification des niveaux d’autonomie. Petite explication pour les autres : cette classification, établie en 2014 par SAE International, va de 0 à 5, le niveau 5 étant le Graal : l’automatisation complète, celle qui permet de déléguer entièrement la conduite au véhicule, quelles que soient les conditions de circulation, l’état de la route et la météo. Au niveau 5, on peut même supprimer le volant et les pédales : ils ne servent plus à rien. On peut faire salon ou finir sa nuit tranquillement… Eh bien, arrêtez de rêver, parce que ce n’est pas pour tout de suite : aucun modèle existant ne répond à ces critères. Techniquement, personne n’est, semble-t-il, au-delà du niveau 4.

 

Une conquête en douceur de l’autonomie

En fait, les voitures commercialisées actuellement intègrent progressivement tout un tas d’automatismes qui nous préparent en douceur au moment où elles pourront se passer de nous et de bons et mauvais réflexes. Les régulateurs de vitesse sont maintenant adaptatifs (ils prennent en compte la distance de sécurité avec la voiture qui vous précède ; ce n’est plus vous qui freinez). L’assistance au stationnement est aussi disponible sur des voitures de série, ce qui va définitivement nous épargner le ridicule de rater nos créneaux en public ou d’essayer de rentrer dans une place résolument trop petite… Ces fonctions relèvent respectivement du niveau 1 et du niveau 2 de la classification. Pour le niveau 3, le passage en conduite déléguée « conditionnelle », c’est au point et déjà en série (chez Audi, par exemple) mais c’est la législation qu’il faut changer : aujourd’hui il est strictement interdit au conducteur d’enlever les mains du volant. Quoi qu’il en soit, nous nous habituons à une conduite de plus en plus assistée (il suffit de monter dans une veille voiture sans GPS pour voir à quel point on ne peut plus s’en passer !) qui nous prépare mentalement à accorder toute notre confiance à la voiture de demain ou après-après-demain.

Oui mais achèterons-nous des voitures autonomes ?

Bonne question ! Le bon sens voudrait que non : comme nous vous le racontions dans ce billet, une des promesses de la voiture autonome est de favoriser l’auto-partage et de maximiser le taux d’utilisation des voitures en circulation, qui n’est aujourd’hui que de 5%. Le modèle dominant sera probablement l’abonnement à des services de mobilité à la demande. Les particuliers n’auront plus aucun intérêt à être propriétaire de leur véhicule.

En 2016, tablant sur un décollage commercial de la voiture autonome en 2019, IHS Markit estimait que les ventes annuelles dépasseraient 33 millions d’unités en 2040, ce qui représenterait 26 % des ventes de voitures neuves. On y croit, ou pas… Plutôt pas en regardant la courbe un peu trop « parfaite » présentée à l’appui de ces affirmations…

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En attendant, partout dans le monde, on continue à acheter à tour de bras des voitures « classiques », celles qui ne sauraient se passer de conducteur : en 2017, il s’en est vendu la bagatelle de 70,8 millions, soit 42 % de plus qu’en 2005. Sans surprise, c’est la Chine qui tire le marché mondial, avec près de 25 millions d’unités vendues en 2017, contre un peu moins de 4 en 2005, ce qui nous fait tout de même 600 % de croissance ! (source OICA)